Crimes israéliens contre l’humanité : le juge espagnol ne cède pas

Crimes israéliens contre l’humanité : le juge espagnol ne cède pas

 

Publié le 7-05-2009

Malgré les menaces israéliennes de rompre les relations diplomatiques avec l’Espagne, et les déclarations en furie des dirigeants israéliens qui demandent rien moins qu’un changement de la loi espagnole pour échapper aux poursuites judiciaires, le juge espagnol Fernando Adreu tient bon.

Le juge Fernando Adreu refuse malgré toutes les pressions exercées, y compris par son gouvernement, de suspendre l’enquête qu’il a ouverte en janvier dernier concernant le bombardement israélien de Gaza en 2002, où une bombe d’une tonne lachée d’un F-16, a tué 15 personnes du même immeuble.

Une telle attaque "ciblée" contre une ville, Gaza, fortement peuplée, constitue un crime contre l’humanité, estime le juge espagnol qui a ouvert l’enquête à la suite d’une plainte des parents des victimes palestiniennes de cette attaque.

Adreu a déclaré qu’il agissait conformément aux principes universels du droit espagnol, selon lequel les crimes graves tels que génocide, terrorisme ou torture peuvent être poursuivis même s’il sont été commis ailleurs.

Il demande donc à interroger Binyamin Ben Eliezer, ministre de la défense en 2002, Moshe Ya’alon, alors Chef de l’état major, ainsi que Dan Halutz, qui commandait l’armée de l’air au moment de l’attaque, Doron Almog, qui était chef de Commandement Sud, Giora Eiland, qui était conseiller pour la Sécurité Nationale, Michael Herzog qui était haut responsable du Ministère de la Défense et Avi Dichter, alors directeur du Shin Beth (Agence de renseignement d’Israël).

Il réfute l’argument israélien selon lequel Israël serait encore en train d’enquêter sur cette attaque, en soulignant que l’armée israélienne avait mené une enquête interne, mais que les juges civils avaient refusé d’entamer des procédures indépendantes, ce qui donnait le droit à l’Espagne de continuer l’enquête.

« En Israël il n’y a pas eu, et il n’y a actuellement aucune procédure légale d’enquête en cours » sur ce bombardement de Gaza, a écrit le juge Andreu.

"Il n’y a aucun doute que la plainte déposée en Espagne par une organisation palestinienne pour les droits de l’homme est une démarche cynique et une nouvelle tentative d’exploitation du système judiciaire espagnol pour de nouvelles attaques politiques contre Israël", fulmine Yossi Levy, porte-parole du Ministre isrélien des Affaires Etrangères en menaçant de rompre les relations diplomatiques avec l’Espagne si la loi espagnole n’est pas modifiée !

Le ministre espagnol des affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, a bien déclaré que l’Espagne devait modifier sa loi pour restreindre le champ des procès sous juridiction universelle à ceux qui ont un lien précis avec l’Espagne. Et le président de la Cour Suprême Espagnole, Carlos Divar, a également proposé lundi un amendement à la loi de compétence universelle de son pays, en déclarant « nous ne pouvons pas devenir les gendarmes de la justice du monde ».

Mais le juge Adreu tient bon, et aucune réforme de ce type n’a pour le moment été proposée au débat ou au vote du parlement espagnol.

La semaine dernière, un autre juge espagnol, Baltasar Garzon, a d’ailleurs annoncé une enquête pour torture dans le cas de suspects de terrorisme détenus à la prison américaine de Guantanamo Bay, bien que le procureur espagnol ait déclaré qu’une telle procédure devrait être portée par les Etats-Unis.

Sources : Jérusalem Post et AP

(Traduit par Carole Sandrel)

CAPJPO-EuroPalestine

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