Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a indiqué que Téhéran était prêt à changer de politique si les Etats-Unis modifiaient dans les faits et non seulement en paroles leur attitude à l’égard de la République islamiste

L’Iran défiant face à la main tendue d’Obama

lefigaro.fr avec AP et AFP
22/03/2009 | Mise à jour : 10:12
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Le changement n’est qu’un «slogan» dans la bouche d’Obama, a insisté l’ayatollah Ali Khamenei. Crédits photo : AP

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a indiqué que Téhéran était prêt à changer de politique si les Etats-Unis modifiaient dans les faits et non seulement en paroles leur attitude à l’égard de la République islamiste.

La main tendue de Barack Obama qui a offert, vendredi, dans un message vidéo inédit de surmonter trente années de relations américano-iraniennes hostiles, a été accueillie avec sceptissisme par Téhéran. Le guide suprême du pays, l’ayatollah Ali Khamenei, a indiqué que l’Iran changera de politique si les Etats-Unis modifient dans les faits et non seulement en paroles leur attitude à l’égard de la République islamiste. « Nous n’avons aucune expérience du nouveau président américain. Nous observerons et jugerons. Changez, et notre attitude changera. Si vous ne changez pas d’attitude, sachez que notre peuple s’est renforcé et continuera de résister», a mis en garde le numéro un iranien.

Le changement n’est qu’un «slogan» dans la bouche d’Obama, a insisté le dirigeant religieux, devant des dizaines de milliers de personnes rassemblées dans la ville sainte de Mashhad. Khamenei a reproché aux dirigeants américains de continuer à accuser son pays de soutenir le terrorisme. Le président américain a en effet affirmé dans son adresse que l’Iran ne pouvait obtenir la place qui lui revient dans le concert des nations en utilisant «la terreur et les armes» et avait demandé à Téhéran d’opter pour «des agissements pacifiques». Ali Khamenei estime donc que la rhétorique de Barack Obama ne varie en rien de celle de son prédécesseur George W. Bush. «Obama a insulté la République islamique d’Iran dès le premier jour», a-t-il déploré. «Les responsables américains et les autres doivent savoir qu’on ne peut pas tromper le peuple iranien et lui faire peur».

«Si le changement est effectivement arrivé, où est-il?»

 

«Le changement dans les mots n’est pas suffisant, il doit être réel. Est-ce que vous avez mis fin à votre soutien inconditionnel au régime sioniste? Est-ce que vous avez dégelé les avoirs iraniens? Est-ce que vous avez levé les sanctions oppressives? Si le changement est effectivement arrivé, où est-il?», a observé le guide suprême qui a égrené la liste des doléances iraniennes. Outre les sanctions économiques américaines imposées après la Révolution de 1979, l’ayatollah a rappelé le soutien de Washington à Saddam Hussein durant la guerre entre l’Iran et l’Irak . Il a également accusé les Etats-Unis d’attiser les tensions ethniques en Iran et de soutenir les groupes hostiles, en particulier les rebelles sunnites du groupe Joundallah, qui ont mené de nombreuses opérations meurtrières ces dernières années.

En recherchant «un échange honnête et fondé sur le respect mutuel», Obama tient l’une de ses grandes promesses, celle de donner sa chance au dialogue avec les adversaires des Etats-Unis, l’Iran au premier rang d’entre eux, et de rompre avec la diplomatie de son prédécesseur George W. Bush, qui avait classé l’Iran parmi les pays de «l’axe du mal». Le message d’Obama, qui avait promis peu après son investiture de tendre la main si les dirigeants iraniens voulaient «desserrer le poing», fait écho à distance au message que lui avait adressé le président iranien Mahmoud Ahmadinejad après sa victoire à la présidentielle américaine en novembre. Le leader iranien avait félicité Barack Obama, mais lui avait demandé un changement radical de la politique américaine.

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