Le magazine l’Express nous fait de la pub : les amis de nos amis du centre Zahra sont nos amis (I)

Les amis très particuliers du centre Zahra

Par Boris Thiolay, publié le 26/02/2009 10:00 – mis à jour le 27/02/2009 15:59

 

Cette association musulmane chiite du nord de la France diffuse une propagande "antisioniste" très virulente. Et tient des conférences dont certains invités ont été condamnés pour antisémitisme. Quel est son vrai visage?

C’est un ancien corps de ferme entièrement rénové, dans la banlieue de Dunkerque. Les bâtiments de brique rouge, donnant sur une cour intérieure, abritent le siège du centre Zahra France, une association musulmane chiite fondée en 2005. Son objet? Faire "connaître le message de l’islam". Ses membres, parmi lesquels de nombreux convertis, viennent ici célébrer la prière, profiter "d’une structure d’accueil à caractère social, familial et religieux". Ils assistent aussi à "des colloques, des journées d’étude" ou peuvent animer le site Web de l’organisation.

La consultation de ce site révèle rapidement une autre activité récurrente du centre: la diffusion d’images et de déclarations "antisionistes" très virulentes. A la date du 20 février, on pouvait ainsi visionner, sous la rubrique Galerie photos, des images terrifiantes, comparant le sort réservé aux juifs par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale à celui des Palestiniens face à l’armée israélienne actuelle. Le tout sous ce titre: "Le nazisme d’hier et le sionisme d’aujourd’hui". Un amalgame souvent utilisé pour propager la haine contre les juifs, et qui va bien au-delà de la seule critique du sionisme, parfaitement recevable.

L’ultradroite en quête d’alliés

La mise en scène, nocturne, martiale, rappelle de sombres périodes. Le 6 février dernier, vers 20 heures, 150 militants d’extrême droite se sont rassemblés, à la lumière des flambeaux, aux abords de l’Assemblée nationale, à Paris. Une manifestation autorisée, mais placée sous forte surveillance policière. Les principaux courants de la droite ultra étaient présents: vieux nostalgiques du IIIe Reich, skinheads, jeunes garçons et filles se réclamant du "nationalisme social", venus honorer la mémoire des morts des émeutes antirépublicaines du 6 février 1934. Si le mot "juif" n’a jamais été prononcé dans les allocutions, tous les poncifs antisémites des années 1930 ont été passés en revue: "forces occultes qui dominent la nation","financiers apatrides", "purs produits de la Compagnie financière de Rothschild"…
Peu nombreux -ils seraient environ 3 500 en France- les tenants de l’ultradroite ont vu dans les récents appels à la haine antijuive une occasion de souffler sur les braises. L’instrumentalisation de la cause palestinienne à des fins antisémites n’est pas un procédé nouveau. Mais cette tentation a suscité, ces derniers temps, des alliances de circonstance pour le moins inattendues… Ainsi, un groupuscule "nationaliste-socialiste", le Parti solidaire français (PSF), a noué des contacts avec Kémi Séba, gourou du Mouvement des damnés de l’impérialisme, qui rêve de rallier jeunes musulmans et Noirs pour "éradiquer le sionisme". Des groupes aux idéologies a priori totalement opposées. "Ils se retrouvent sur un terrain: combiner la haine du système et l’antisémitisme en vitupérant indistinctement Israël, le sionisme et les juifs", analyse le politologue Jean-Yves Camus. "L’ultradroite a compris qu’elle pouvait surfer sur la radicalité de certains manifestants propalestiniens", poursuit-il. Lors du défilé du 24 janvier en faveur de Gaza, on pouvait voir, notamment, des membres du PSF s’inviter dans la frange extrême du cortège, au côté de groupuscules scandant des slogans favorables au Hezbollah et appelant à la "disparition d’Israël".

"Redonner le pouvoir à la France et aux Français"

Ce site permet aussi d’avoir un aperçu d’une conférence organisée au centre Zahra en juillet 2008. Lors de ces journées consacrées à un improbable "appel à l’initiation d’une alliance stratégique amicale entre judaïsme et islam contre le sionisme", on a pu voir défiler des personnages coutumiers de déclarations incendiaires. L’inévitable Dieudonné était présent. Certes, à l’époque, l’humoriste ne s’était pas encore affiché avec le négationniste Robert Faurisson, mais il avait déjà été condamné pour diffamation publique à caractère racial, notamment pour avoir qualifié le souvenir de la Shoah de "pornographie mémorielle".

Autre participant à la conférence de juillet 2008: Mohamed Latrèche. Interviewé à cette occasion, le président du Parti des musulmans de France (PMF) -qui regroupe quelques centaines d’adhérents – y allait de son couplet sur la "nébuleuse sioniste en France". Antisémite, Mohamed Latrèche? Il s’en défend vigoureusement, même si, en 2004, il s’était déclaré "fier et content de connaître Serge Thion", un chercheur révoqué du CNRS pour négationnisme.

Le centre Zahra a également accueilli, en août 2008, Kémi Séba, un extrémiste noir dont le premier mouvement –la Tribu Ka– avait été dissous en 2006 pour "incitation à la haine raciale" et "antisémitisme". Kémi Séba, qui s’est converti depuis à l’islam, dirige aujourd’hui le Mouvement des damnés de l’impérialisme (MDI). Il multiplie les provocations et les déclarations de sympathie pour le Hezbollah, parti chiite libanais qui ne reconnaît pas l’existence de l’Etat d’Israël.

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